Prostitution : le client va payer !

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Pénaliser les clients des prostitués ? La proposition des députés a mis le feu aux poudres début avril… Fini le temps des scandales dans la maison de Madame Claude, les politiques prônent une mesure abolitionniste ! Objectif : sortir les « victimes » sous l’emprise des proxénètes. De leur coté, les associations dénoncent un amalgame démagogique et une mise en danger des travailleuses du sexe. News of Marseille a fait son petit tour d’horizon à Marseille by night…

Les prostituées n’ont jamais laissé personne de glace. Ni les citoyens lambda qui aiment prendre position sur ce sujet de société, ni les hommes politiques dont certains allaient s’encanailler dans la maison close de Madame Claude, célébrissime souteneuse des années soixante-dix.


Jadis stigmatisées, voilà que les péripatéticiennes sont passées au rang de « victimes sous l’emprise de méchants proxénètes ». C’est du moins le constat qu’ont établi deux députés Danielle Bousquet (PS) et Guy Geoffroy (UMP), lors de la remise d’un rapport sur cet épineux sujet, le 13 avril à l’Assemblée Nationale.


Mesure révolutionnaire du document : pénaliser le client d’un ou d’une prostitué(e) de 6 mois de prison et 3000 € d’amende. Les magasins de poupées gonflables et autres sex toys doivent déjà se frotter les mains ! Une idée pompée (sans mauvais jeux de mots) sur nos voisins suédois qui depuis 1999, se vantent d’avoir fait diminuer de moitié le nombre de filles dans la rue.


En France, cette proposition devra attendre 2012 avant d’être débattue à l’Assemblée, histoire de ne pas se mettre à dos les clients. Lorsque l’on sait que 1 français sur 8 est déjà allé voir une prostituée, ou du moins l’a avoué, cela fait un électorat non négligeable !


Argument phare des politiques : éradiquer la demande pour endiguer l’offre et donc faire tomber d’eux-mêmes les réseaux de proxénétisme. Car pour les abolitionnistes, « aucune prostitution n’est volontaire ». « Faux », répondent les associations presque toutes à l’unisson. « La prostitution revêt une multiplicité de cas et cette nouvelle loi précarise les conditions des travailleurs du sexe », affirme Malika Amouache, de l’association Act Up.


La belle de nuit, victime de l’ouverture de Schengen ?


Après plus de 6 mois de travail, et l’audition de 200 acteurs de terrains (policiers, magistrats, militants et prostitués), les deux parlementaires ont établi le nouveau paysage de la prostitution en France. Sur les 20 000 personnes qui se prostituent, 70 à 80 % sont des femmes. Des femmes en grosse majorité étrangères, alors que dans les années 80, on estimait leur part à 20 % ! Où sont passées les prostituées bien de chez nous ?


A Marseille, les belles de nuit de la rue Curiol, quartier historique de la prostitution, ont vu arriver la « concurrence ». « On retrouve dans le quartier du Jarret ces nouveaux réseaux d’Europe de l’Est. Des jeunes femmes qui ont bien souvent des souteneurs derrière », explique David Olivier Reverdy, secrétaire général du syndicat de police Alliance. A noter qu’à Marseille, la prostitution est moins visible que dans les autres villes plus riches de la Côte d’Azur, telles que Cannes, Nice ou Saint-Tropez.


Au Prado, des Bulgares et diverses filles de l’Est, sont mises sur les trottoirs dans l’attente de potentiels clients. La tête haute, elles vous foudroient d’un seul regard. Presque aucune ne parle français, pour les autres elles n’ont pas souhaité s’exprimer. Des victimes collatérales de l’ouverture de l’espace Schengen ? Européennes, elles sont en règle et peuvent circuler partout. Un atout pour les proxénètes qui font « tourner les filles pour ne pas que l’on retrouve leurs traces », rajoute David Olivier Reverdi.


Plus loin, après Rabatau, les prostitués africaines se multiplient au fil des soirs. Xucces, 22 ans, ghanéenne, est arrivée depuis 3 ans en France. Ne parlant pas français, elle nous assure qu’elle est en règle et qu’elle n’a pas de souteneur. Le choix alors de ce métier ? « Je fais cela pour gagner de l’argent, je ne sais pas écrire, et c’est toujours mieux que de rester à rien faire ».


Combattre la traite des êtres humains, c’est bien le cœur de la future proposition qui envisage de pénaliser le client. Pour les parlementaires, la prostitution obéit à présent à un schéma simple : « le proxénète, la prostituée et le client ».


Le mouvement du Nid, association abolitionniste, en a d’ailleurs profité pour présenter la pièce de théâtre «  Jusqu’au bout de la nuit », qui « dévoile l’engrenage de la prostitution », explique le metteur en scène de la pièce. L’œuvre retrace l’histoire de Nicole Castioni. Abusée dans son enfance, la jeune fille se retrouve amoureuse d’un homme. C’est le fameux « prédateur », qui, après l’avoir faite tomber dans la drogue, la met sur le trottoir. « A la fin du spectacle, beaucoup de femmes nous ont dit : mais comment avez-vous fait pour raconter mon histoire ? », affirme l’interprète de la pièce Annette Lowcay.


Pour le président du mouvement du Nid, Francois Wioland, «  la prostitution est le fait d’acheter un rapport sexuel à peine consenti et jamais désiré : est-ce que cela peut laisser indemne les personnes qui ont 10 rapports par soir pendant plusieurs années ?  ».


En réseau ou indépendante, la prostitution pour les abolitionnistes est « une contrainte ». « Et s’il n’y a pas d’hommes capables d’acheter cela, le système de prostitution ne tiendra pas », rajoute le président. En clair, imaginez-vous dans une confiserie, remplie de succulentes sucreries, interdiction formelle d’en acheter sous peine d’amende et de prison… La note pour le coup s’avère salée !


A coté de la mesure répressive, ce rapport envisage plusieurs propositions de prévention et d’accompagnement, comme le renforcement des droits des prostitués en facilitant les conditions d’accès à un titre de séjour. « Mais pas facile tout de même de sortir d’une activité très lucrative pour se retrouver à 800 € par mois ? », témoigne Christina 33 ans, qui exerce prés de la Timone.


Prostitués : un statut hybride.


«  Je ne suis pas sûre que cela soit très efficace ! Cela risque de déplacer la prostitution de la place publique vers le privé. Cela sera plus difficile pour nous d’obtenir des informations et faire tomber des réseaux  » explique le secrétaire régional d’Alliance. Ça par exemple ! Si la police doute du pouvoir de dissuasion de la mesure…


Même constat pour les associations. Dans un communiqué l’UNALS (l’Union nationale des Associations de Lutte contre le Sida) et Act up pointent le danger de voir s’éloigner les prostitués et prostituées des centres de soins. Rappelons que 30 % de l’activité est exercée par les hommes. «  Avec moins de clients sur les trottoirs, elles et ils vont accepter d’avantage de passes non protégées pour maintenir leur chiffre d’affaires ! », rajoute un membre d’Act Up.


L’homme va se sentir traqué « et ne pourra plus dénoncer des faits de proxénétisme dont il est témoin », rajoute Malika Amouache. Et les violences sont parfois le quotidien des prostitués : «  Vous savez, ici, on sait quand on arrive mais on ne sait pas quand ni comment on va repartir. Mais de toute façon notre métier est d’utilité publique, imaginez le nombre de viols qu’il y aurait si on n’était pas là ! », rajoute Christina.


« Il existe une multiplicité de forme de prostitution. C’est un domaine hétéroclite et complexe… Et la prostitution est bien un métier », reconnaît David Olivier Reverdi. Un métier encadré même par l’Etat, puisque certaines prostituées et prostitués cotisent ! « C’est  une profession libérale dans le cadre d’une prestation de service. La personne paie des impôts sur son chiffre d’affaires », nous explique une fonctionnaire de l’URSSAF (Union de Recouvrement des Cotisations de Sécurité Sociale et d’Allocations Familiales).


D’où la volonté des associations et du syndicat de faire pression pour avoir un véritable statut. Aujourd’hui, une personne prostituée ne peut pas louer un appartement, ni faire de la publicité, sous peine d’être accusée de racolage ou de proxénétisme. Un vrai sujet de société, aux français de s’en emparer !


Coralie Mollaret

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Vos commentaires

 

  1. ackermann eric a écrit :

    pas de video ????

    • redac a écrit :

      Et non… Juste un dossier papier. Maintenant, si vous souhaitez vous « documenter » sur le sujet, nous vous invitons â consulter le site http://www.youporn.com qui est très bien fait et très pédagogique.

  2. ackermann eric a écrit :

    non je voulais des ITW !

    • redac a écrit :

      Allez voir Lulu La Nantaise, rue Thubaneau. Elle y sera ce soir aux alentours de 23h00 et répondra à toutes vos questions (et bien plus).

  3. coralie a écrit :

    looool, il faut dire que les prositutés ne se laissent pas tellement filmer… ( les prendre à coup de caméras cachées ne semble pas des plus descent) / Rien que gagner leur confiance pour receuillir des informations s’avère périlleux !

  4. Coralie a écrit :

    ps: au passage, je vois que la « rédac » est trés informé sur les dessous de « Marseille by night », ma parole!

  5. ndiaye a écrit :

    La prostitution, c’est l’état qui l’encourage et installe dans une fiére légitimité les pratiquants de ce métier.Si faire payer des impôts aux prostitués est légal autant l’exercice du métier l’est aussi!
    Le débat est plutot social: c’est d’arriver à savoir le pourquoi de la prostitution,en amorce de réponse je dirai que c’est une faillite totale de la responsabilité publique face aux demandes de la population.

  6. Coralie a écrit :

    Pour répondre à Ndiaye: Dans certains cas c’est vrai, tu as raison, il peut s’agir d’un desespoir « social »… Et oui l’Etat, peut avoir une PART de responsabilité, pour faciliter les femmes à entrer dans la prostitution. Mais limitons aussi le role de l’état qui n’est pas « providence »… La liberté de choix, de disposer de son corps, de gagner de l’argent… La prostitution n’est d’aileurs pas interdite par la loi.

    Mais alors, quoi penser des fameuses poules de luxe??? Des tarifs  » hauts de gamme », qui fricottent avec la haute classe… D’ailleurs, ce sont elles, qui ont dérangé en plain sommeil notre chèr président lors de  » je ne sais plus quel sommet »… L’equipe de son homologue saoudien s’est laissée tenter par le plaisir de la chair… Et ces personnes, ne sont pas sur les trottoirs. ( ce qui n’est ne rien péjoratif, avec tout le respect que l’on doit au prostitués qui sont des etres humaines avant tout).

  7. Coralie a écrit :

    l’Info en chiffre:

    –> 30 milliards d’euros le chiffre d’affaires de laprostitution par an en Europe
    (le monde 9 mars 2009)

    40 millions de personnes prostituées dans le monde
    (Elaine Audet, Chercheur Canadienne, 2002)

    59% des Français sont favorables aux maisons closes
    (CSA- Le parisien 18 Mars 2010)

    15 000 à 20 000 prostituées en France selon la police
    (le monde 9 mars 2009)

    70 % des prostituées ont déclaré avoir été victime de violences physiques pendant leur enfance
    (europol)

    40 000 étudiants auraient recours à la prostitution
    (syndicat SUD-Étudiant)

  8. meuret a écrit :

    ce métier qui est le plus vieux du monde devrait etre legalisé. Ce qui permettrait une meilleure surveillance.

  9. Marqueur a écrit :

    Allez, je file à SAINT CLAUDE…

  10. Mad_Cat a écrit :

    Un peu de poésie, dédiée à mes compagnes d’un instant :

    « Les putains de Marseille ont des sœurs océanes
    dont les baisers malsains moisiront votre chair.
    Dans leur taverne basse un orchestre tzigane
    fait valser les péris au bruit lourd de la mer ».

    Robert Desnos, le Fard des Argonautes.

    Le sujet, pas si scabreux qu’il en a l’air, a entre autres inspiré Baudelaire, Serge Reggiani, Gainsbourg ainsi qu’une une foultitude d’artiste de poil ou de plume…

  11. Coralie a écrit :

    Mad cat…. tu oublies des personnes essentielles à ta tyrade….

    Les fameuses sirènes grecques… Des monstres impitoyables dans la mythologie qui par leur chant, elles envoûtent les marins… A tel point qu’ils perdent le contrôle de leur navire et s’échouent sur les rochers…

    l’homme… Sexe faible? Qui ne peut résister à la tentation… hum hum !

  12. Vivitab0697 a écrit :

    L abolition de l esclavage c est que pour les hommes noirs americains?

  13. renard a écrit :

    La rédac
    Ho putain de rire ,ils mettent un site porno sur son site.

  14. Monique a écrit :

    La nuit tout est permi quand les petit chat sont gris

 

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