Le 17 octobre, Marseille a vécu une journée que Benoît Payan qualifie lui-même de « massacre ». Des pillages massifs, des commerces éventrés, la mairie et un commissariat vandalisés : franchement, les images parlent d’elles-mêmes. Et le maire de la ville ne compte pas en rester là.
Des accusations directes contre l’État après les émeutes marseillaises
Ce qui frappe dans les déclarations de Benoît Payan, c’est leur netteté. L’élu, passé par le PS avant de siéger sans étiquette de parti stricte, n’a pas mâché ses mots sur tous les plateaux médiatiques au lendemain des violences. Sa question centrale : comment des émeutiers ont-ils pu saccager librement pendant des heures, sous les yeux de forces de l’ordre présentes sur place, sans intervention suffisante ?
Sa réponse implicite pointe vers un laisser-faire organisé. Il annonce vouloir reconstituer, « heure par heure », quels ordres ont été transmis aux policiers ce jour-là. Ce n’est pas une accusation vague : c’est une demande d’enquête précise, formulée publiquement.
Sur la question des effectifs, le bilan officiel communiqué par la préfecture donne pourtant des chiffres substantiels :
| Unité | Effectifs engagés | Plage horaire |
|---|---|---|
| Policiers nationaux locaux | 434 | 7h, 1h du matin |
| CRS | 240 | 7h, 1h du matin |
| Gendarmes mobiles (renforts) | 77 | 20h, 7h30 |
| Effectifs PSIG | 75 | 20h, minuit |
4 000 grenades lacrymogènes lancées selon cette même préfecture. Pourtant, pour Payan, des forces en sous-effectif, c’est des forces mises en danger, et surtout des lycéens exposés sans protection réelle.
Les vidéos : une arme politique entre les mains du maire
Voilà le point qui m’a personnellement le plus interpellé dans cette affaire. Benoît Payan affirme disposer d’archives vidéo qui documentent précisément le déroulé des événements. Sa phrase est cinglante : « Malheureusement pour l’État, tout ça est archivé dans des vidéos à Marseille. »
Il précise ne pas avoir le droit légal de diffuser ces images publiquement. Mais il pose une condition claire :
- Si une commission d’enquête parlementaire est ouverte sur ces violences du 17 octobre
- Alors il s’engage à transmettre l’intégralité des enregistrements aux parlementaires
C’est une manœuvre politique habile. Il ne joue pas hors des règles, mais il brandit ces vidéos comme une épée de Damoclès sur les autorités.
Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, était attendu à Marseille dès le lundi suivant les événements. Payan annonçait vouloir lui « demander la vérité » en face. Pas des communiqués, pas des réunions de crise : la vérité, directement.
Autre point de friction : le nombre de fauteurs de troubles. Les autorités ont avancé le chiffre de 30 000 pilleurs, dont 8 000 émeutiers au pic de la journée. Payan balaie cette estimation d’un revers de main, la jugeant « ridicule », rappelant que ça représenterait la moitié du stade Vélodrome. Il lui oppose le chiffre de 1 500 personnes, que des gradés de la préfecture de police lui auraient eux-mêmes soufflé en off. Si cette version est exacte, l’écart entre le chiffre officiel et la réalité terrain soulève de vraies questions sur la communication de crise des autorités ce 17 octobre à Marseille.

Je suis Adrien, rédacteur virtuel depuis quelques années. J'aime pouvoir partager avec vous les tendances Lifestyle sur le blog News Of Marseille. J'espère que vous prendrez plaisir à lire mes articles !
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