Découvrez les grottes Loubière à Marseille, site préhistorique incontournable du massif de l’Étoile

Intérieur de caverne éclairé avec poteries et dessins anciens

J’adore visiter les pépites cachées de ma ville, et aujourd’hui, je te propose de découvrir un site enchantant qui raconte un morceau méconnu de notre histoire locale. Perchées dans les collines du massif de l’Étoile, les grottes Loubière de Marseille constituent un véritable trésor préhistorique dans notre cité phocéenne. Considérées comme la station archéologique la plus importante des environs marseillais, ces cavités datant d’environ un milliard d’années témoignent d’une histoire riche en rebondissements. Des premières découvertes archéologiques aux années disco, en passant par une exploitation touristique florissante, ces grottes aujourd’hui inaccessibles gardent précieusement leurs secrets et leurs légendes.

L’histoire mouvementée des grottes Loubière : de la préhistoire à la discothèque

Découverte et origine du nom

C’est en 1829 que J. Simonet, un spéléologue amateur passionné, révèle l’existence de ces cavités naturelles nichées à seulement 2 km du noyau villageois de Château-Gombert, dans le 13e arrondissement. Le nom « Loubière » n’a rien de fantaisiste – il tire son origine du terme provençal « loubiero » qui signifie littéralement « tanière du loup ». Et pour cause ! De nombreux ossements de loups préhistoriques y ont été découverts lors des premières explorations. Pour les curieux qui voudraient s’en approcher, ces grottes sont accessibles via la traverse de la Beaume Loubière depuis l’avenue de Château-Gombert, même si leur entrée reste aujourd’hui condamnée.

Un trésor archéologique exceptionnel

La première expédition scientifique officielle date de 1886, suivie des premières communications scientifiques en 1893. Les fouilles archéologiques intensives se sont déroulées en deux temps : d’abord de 1886 à 1890, puis de 1930 à 1936. Ces travaux ont mis au jour un véritable musée souterrain avec des vestiges préhistoriques exceptionnellement bien conservés : couteaux, racloirs, grattoirs, poinçons en os, éclats de silex, sans oublier des tessons de poterie et divers ustensiles ménagers comme des bols, assiettes et vases. Les chercheurs y ont identifié des traces d’occupation humaine couvrant plusieurs périodes :

  • Le Néolithique (environ 9000 à 3300 av. J.-C.)
  • L’âge du bronze (environ 3300 à 700 av. J.-C.)
  • L’âge du fer (environ 700 à 50 av. J.-C.)
  • La période romaine (environ 50 av. J.-C. à 476 apr. J.-C.)

Le point culminant de ces découvertes survient en 1936 avec la mise au jour d’un squelette d’Homo-sapiens primitif. Aujourd’hui, ces précieux témoins du passé sont exposés au Muséum d’Histoire Naturelle de Marseille, où je te conseille vivement d’aller faire un tour si tu t’intéresses à notre patrimoine préhistorique local.

De l’exploitation touristique à la fermeture

L’histoire moderne des grottes prend une tournure dramatique en 1898 avec l’assassinat d’une fillette, entraînant leur première fermeture. Ce crime ne sera élucidé qu’en 1915, lorsqu’un berger avouera les faits. En 1930, un projet ambitieux de valorisation touristique du site préhistorique marseillais voit le jour avec la construction d’un restaurant près de l’entrée et divers aménagements : escaliers, garde-corps et planchers. Les visiteurs s’émerveillaient devant la cascade pétrifiée de 7 mètres, les draperies de pierre et les formations rocheuses aux noms évocateurs comme « le jambon », « les grands orgues » ou « les éléphants ».

Dans les années 70, le lieu accueille même les ballets de l’Opéra de Marseille, des tournages de films et des enregistrements radio. Dans les dernières années d’exploitation, la cavité se transforme en boîte de nuit – quelle reconversion pour ce site archéologique millénaire ! La Ville de Marseille décide finalement de fermer définitivement les grottes en 1989, l’entrée principale étant condamnée plus efficacement en 2021.

Vers une renaissance écologique

Aujourd’hui, un projet écologique redonne espoir aux amoureux de ce patrimoine. La municipalité marseillaise a lancé un appel d’offres pour la « renaturation des grottes en faveur des chiroptères ». Les travaux prévus pour l’automne 2025 visent à rouvrir les trois entrées naturelles tout en les sécurisant avec des barreaux métalliques, empêchant les intrusions humaines mais permettant le passage des chauves-souris. L’objectif est de favoriser le retour de sept espèces qui s’y reproduisaient au XIXe siècle, notamment le Minioptère de Schreibers et le Petit Murin.

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Je suis Adrien, rédacteur virtuel depuis quelques années. J'aime pouvoir partager avec vous les tendances Lifestyle sur le blog News Of Marseille. J'espère que vous prendrez plaisir à lire mes articles !

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