Je l’avoue, chaque fois que je flâne dans les ruelles d’Aix-en-Provence, je ressens cette énergie particulière qui émane des vieilles pierres. En parcourant les artères historiques de cette cité provençale, tu ne peux qu’être fasciné par ces lieux chargés d’histoires. Parmi ces passages emblématiques, la rue de la Mule Noire mérite vraiment qu’on s’y attarde. Nichée au cœur du centre historique aixois, cette voie pittoresque tire son nom d’un ancien hôtel qui y était établi. Véritable témoin du riche passé de la ville, elle abrite plusieurs éléments patrimoniaux remarquables qui racontent, à leur façon, l’histoire mouvementée de la Provence. Embarque avec moi pour découvrir tous les secrets de ce joyau urbain d’Aix-en-Provence.
À la découverte de la rue de la Mule Noire et ses trésors historiques
L’hôtel de la Mule Noire : témoin d’une époque révolue
Si tu te places à l’angle formé par la rue de la Mule Noire et celle de La Cépède, tu te trouves exactement à l’endroit où s’élevait autrefois l’hôtel qui donna son nom à cette voie. Cette auberge historique d’Aix-en-Provence était initialement connue sous l’appellation plus simple d' »hôtel de la Mule ». Ce n’est que plus tard qu’elle fut rebaptisée « Mule-Noire », pour la distinguer d’une autre établissement, la « Mule-Blanche », située dans le faubourg de la ville.
Cet établissement hôtelier de l’ancienne Provence n’était pas qu’un simple lieu d’hébergement. À une époque où les auberges servaient de points de rencontre et d’échange, la Mule Noire a joué un rôle central dans la vie sociale aixoise. Les voyageurs, marchands et notables y trouvaient refuge lors de leurs passages dans la cité des Bourbons. La réputation de cet hôtel s’étendait bien au-delà des frontières de la ville, attirant une clientèle diverse venue parfois de Marseille, Tarascon ou d’autres contrées provençales.
Le drame sanglant de 1648 : l’assassinat de Philippe Gueidon
L’histoire de la Mule Noire est à jamais marquée par un événement tragique qui s’y déroula le 19 mars 1648. Ce jour-là, alors que les fidèles célébraient la Saint-Joseph, un acte politique sanglant allait entacher la réputation du lieu. Philippe Gueidon, avocat du roi à la sénéchaussée de Marseille, logeait à l’hôtel. Son tort? Avoir acquis un office de conseiller au parlement semestre, une institution particulièrement impopulaire auprès des Provençaux.
Une trentaine de conjurés s’étaient réunis dans la maison du conseiller de Lombard-Gourdon située à proximité. Pendant que Gueidon soupait tranquillement, douze hommes masqués firent irruption dans la salle à manger. La victime fut poignardée d’un coup de baïonnette puis achevée d’un coup de pistolet. Ce crime politique ne fut pas un accident mais une attaque préméditée. Gueidon succomba quelques jours plus tard à ses blessures, pardonnant à ses meurtriers dans un dernier souffle.
Le cadet d’Estienne Vaillac fut emprisonné pour ce meurtre, mais rapidement libéré sur demande du parlement lui-même. Cet assassinat s’inscrivait dans le contexte des luttes contre la réforme du parlement semestre, révélant les profondes divisions qui agitaient alors la Provence.
La fontaine de la Mule Noire : joyau baroque aixois
À l’intersection des rues de la Mule Noire et de la Fontaine d’Argent se dresse un monument hydraulique remarquable construit en 1758. Cette fontaine fut érigée selon les plans du célèbre architecte Georges Vallon, fortement influencé par le courant baroque qui dominait alors. Le sculpteur Jean Chastel participa activement à sa réalisation, apportant son talent aux éléments décoratifs qui font aujourd’hui sa renommée.
Classée Monument historique depuis 1949, cette fontaine ornementale typique de l’art provençal présente des caractéristiques uniques. Deux hommes joufflus coiffés de turbans à l’ottomane y projettent l’eau de leur bouche, créant un effet visuel saisissant. Une plaque vide sur sa partie supérieure contenait autrefois les armes de la Ville, aujourd’hui disparues comme tant d’autres symboles lors de la Révolution.
L’évolution de son nom témoigne des transformations du quartier. D’abord nommée « fontaine de la Mule Noire », elle fut aussi appelée « fontaine de la Comédie » en raison de sa proximité avec l’ancien théâtre, ancêtre de l’Opéra actuel. Finalement, c’est le nom « fontaine d’Argent » qui s’est imposé dans l’usage populaire. À l’origine alimentée par la source Parraud aux eaux carbonisées, elle reçoit désormais les eaux du Verdon, comme la plupart des fontaines aixoises.
Les illustres habitants de la rue
La rue de la Mule Noire a vu défiler de nombreuses personnalités au fil des siècles. Parmi elles, Jean-Baptiste-Louis-Philippe de Félix, comte de Saint-Maime puis comte du Muy, né en décembre 1751. Ce noble provençal résidait dans l’avant-dernière maison de l’île faisant face à l’hôtel de la Mule-Noire.
Sa carrière militaire fut particulièrement brillante. D’abord colonel du régiment de Soissonnais, il devint maréchal de camp avant 1789. Sa fortune militaire ne s’arrêta pas là puisqu’il accompagna Bonaparte lors de la fameuse expédition d’Égypte en 1798. Ses compétences lui valurent d’être nommé gouverneur de Silésie, avant de revenir en Provence comme commandant de la huitième division militaire à Marseille.
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Les bouleversements politiques ne semblent pas avoir entamé sa réputation puisque Louis XVIII le créa pair de France en 1815. Cet officier général issu de la noblesse provençale s’éteignit à Paris le 5 juin 1820, laissant derrière lui un riche héritage familial et une empreinte durable dans l’histoire militaire française.
Le contexte historique et social de la Provence au XVIIe siècle
Pour comprendre pleinement l’importance de la rue de la Mule Noire et des événements qui s’y sont déroulés, il faut replacer tout cela dans le contexte politique tourmenté de la Provence au XVIIe siècle. La création du parlement semestre en 1647 constitua une véritable onde de choc. Cette réforme divisait l’année judiciaire en deux périodes distinctes, avec deux corps de magistrats différents.
Les Provençaux, farouchement attachés à leurs privilèges ancestraux et à leur constitution particulière, virent dans cette réforme une atteinte directe à leurs libertés. L’assassinat de Gueidon illustre parfaitement les tensions extrêmes qui régnaient alors entre partisans et opposants de cette nouvelle organisation judiciaire.
Ces luttes intestines révèlent à quel point les questions de pouvoir, de fortune et de biens pouvaient alors mener à des actes d’une violence extrême. Dans ces temps troublés, même une paisible auberge comme la Mule Noire pouvait devenir le théâtre d’un drame politique aux conséquences durables. Aujourd’hui, seules quelques pierres et la fontaine subsistent pour témoigner de ces heures sombres, tandis que la rue continue de vivre au rythme d’une Provence désormais bien plus apaisée.

Je suis Adrien, rédacteur virtuel depuis quelques années. J'aime pouvoir partager avec vous les tendances Lifestyle sur le blog News Of Marseille. J'espère que vous prendrez plaisir à lire mes articles !
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