Dix minutes à pied depuis le Vieux-Port, un léger dénivelé, et te voilà plongé dans l’un des endroits les plus atypiques de la cité phocéenne. Le Cours Julien, réparti entre les 1er et 6e arrondissements, cumule les identités : place piétonne bohème, haut lieu du street art, scène culinaire novatrice et repaire de musiciens. Une atmosphère cosmopolite unique, aussi vivante le jour que la nuit. La « Bonne Mère » veille, et le Cours Ju, lui, ne dort jamais.
Histoire et origines du Cours Julien à Marseille
Le nom de ce quartier ferait référence, selon l’historien Adrien Blès, à un ancien propriétaire local. Une autre théorie évoque une source d’eau vitale pour l’approvisionnement de la population marseillaise. Sur les plans gravés à la fin du XVIIIe siècle, il s’appelait encore cours des Citoyens. C’est seulement en 1927 que les deux voies — l’une allant de la rue des Minimes à la rue Piscastoris, l’autre du boulevard du Musée jusqu’à la rue de Noailles — fusionnent sous le nom unique de Cours Julien.
L’esplanade repose sur les anciennes lices du mur d’enceinte érigé sous Louis XIV, que le préfet Delacroix fit démolir à partir de 1800. Dès 1860, un marché de fruits et légumes de gros s’installe ici. Les paysans de Plan-de-Cuques, Château-Gombert, Bonneveine ou Mazargues débarquaient vers minuit avec leurs productions. Les voix des Partisanes et Revendeuses animaient le lieu avec une énergie bien marseillaise.
Vers 1963, la SOMIMAR est fondée pour transférer ces activités au MIN aux Arnavaux, dans le 14e arrondissement. Le marché déménage en mars 1972. S’ensuit une restructuration profonde : la paysagiste marseillaise Isabelle Linski conçoit un jardin avec fontaine, inauguré en 1980 par le maire Gaston Defferre. Un parking souterrain sort de terre, et la station de métro Notre-Dame du Mont entre en service en 1984.
Le Cours Julien, capitale marseillaise du street art
Aucun autre quartier en France ne concentre autant de fresques murales et de graffitis au mètre carré. Le Cours Julien s’impose clairement comme extrêmement le plus grand quartier dédié au street art en France, un titre qu’il porte avec panache depuis les années 1990, quand artistes et musiciens ont investi les rez-de-chaussée laissés vacants par les grossistes.
Depuis 2013, les escaliers colorés reliant le Cours Julien à la rue Jean-Baptiste-Estelle se transforment en œuvres d’art monumentales. En 2015, lors du Street Art Festival, l’artiste Lapin Thur signe une imposante silhouette aux détails minutieux. Mahn Kloix y laisse sa tortue géante Man VS Wild, message écologique brut lancé sur plusieurs mètres de hauteur. Les chats espiègles de M.CHAT glissent çà et là leur sourire entre deux ruelles.
Les rues parallèles Pastoret et Bussy l’Indien constituent le royaume du graffiti et des pochoirs d’artistes locaux et internationaux. Pour tout décrypter, l’Office de Tourisme suggère une visite guidée street art menée par Alexandra, guide experte — le mercredi en famille, le samedi entre amis.
| Artiste | Œuvre | Année |
|---|---|---|
| Lapin Thur | Silhouette monumentale | 2015 |
| Mahn Kloix | Man VS Wild (tortue géante) | NC |
| M.CHAT | Fresques aux chats espiègles | Récurrent |
Commerces, marchés et bonnes adresses au Cours Julien
Le quartier des artistes regorge également de boutiques de créateurs et d’adresses improbables qu’on adore chiner. Tangerine est le disquaire immanquable pour les passionnés de vinyles. Les friperies Merguez Fripe, Pastoret et Bussy l’Indien proposent des pièces vintage introuvables ailleurs. Manon Martin et le Bestiaire habillent les Marseillais en pièces originales. Ziggy le fleuriste, ZZ Vélo Vintage et la savonnerie La Licorne — qui accueille des visites guidées du lundi au samedi à 11h, 15h et 16h — complètent un tableau commercial résolument créatif.
Les marchés restent l’âme du quartier. Chaque mercredi matin, le marché paysan bio réunit une trentaine de producteurs locaux qui garantissent des produits frais cultivés dans le respect de l’environnement. La place Jean-Jaurès accueille le Marché de la Plaine les mardi, jeudi et samedi, avec ses 300 commerçants, et se consacre exclusivement aux fleurs le mercredi.
- Marché aux livres anciens : 2e samedi de chaque mois
- Marché des créateurs : mai, juin, septembre et décembre
- Marché paysan bio : chaque mercredi matin
- Marché de la Plaine : mardi, jeudi, samedi (fleurs le mercredi)
Vie de quartier, restaurants et ambiance au Cours Julien
S’asseoir en terrasse sur la place ombragée du Cours Julien, écouter un musicien improviser entre deux parties de pétanque au Boulodrome Carli — voilà une scène typiquement marseillaise. Le Palais des Arts et son terrain de pétanque incarnent cet esprit de convivialité propre au quartier. L’ambiance festive monte d’un cran le soir : l’Espace Julien, salle de concerts emblématique, et Le Molotov programment une offre musicale éclectique que même les supporters de l’OM apprécient.
Côté culture, le Vidéodrome 2, La Baleine (cinéma d’art et d’essai) et le Théâtre du Cours constituent des lieux culturels essentiels. Pour manger, le Mama Shelter assure des brunchs dominicaux réputés, tandis que le Petit Pernod et le Champ de Mars restent des institutions indémodables du quartier. Les chefs des rues des Trois Rois et alentour suggèrent des cuisines bio, végétariennes ou vegan, toujours avec cette générosité méditerranéenne.
| Transport | Ligne | Station |
|---|---|---|
| Métro | Ligne 2 | Notre-Dame du Mont |
| Tramway | Ligne 1 | Canebière Garibaldi |
| Bus | Réseau RTM | Plusieurs arrêts |
L’accessibilité reste un atout majeur : une dizaine de minutes à pied depuis le Vieux-Port suffisent. Le métro, les lignes de transports en commun RTM et le tramway desservent ce secteur du centre-ville efficacement.
Immobilier et héritage culturel : investir dans un quartier tendance
Le Cours Julien attire aussi les investisseurs. Le prix moyen y atteint 3 800 euros le mètre carré, et dépasse 5 500 euros pour les biens les plus recherchés — bien au-dessus de la moyenne marseillaise. C’est le revers d’un succès mérité pour ce quartier bobo et alternatif.
L’histoire culturelle du lieu mérite aussi le détour. Victor Henri, biochimiste né ici en 1872 et fondateur de la cinétique enzymatique, côtoie dans la mémoire collective le souvenir de Franz Liszt, venu en 1844 commander un piano au fabricant Boisselot — dont la manufacture employait 150 ouvriers — et qui en profita pour donner un concert de charité. Le Conservatoire à rayonnement régional Pierre Barbizet, sur la Place Carli, perpétue aujourd’hui cette tradition musicale. Marseille est d’ailleurs une ville aux dimensions souvent méconnues, et le Cours Julien en illustre parfaitement la richesse méconnue.

Je suis Adrien, rédacteur virtuel depuis quelques années. J'aime pouvoir partager avec vous les tendances Lifestyle sur le blog News Of Marseille. J'espère que vous prendrez plaisir à lire mes articles !
- Adrien Langaleau
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