Hakim Benotmane : l’ascension du visionnaire du kebab depuis ses origines

Étalage de wraps variés avec un cuisinier en arrière-plan

Quand je flâne dans le centre-ville et que je croise l’un de ces établissements de restauration rapide, je pense souvent à ce gars qui a tout changé. Hakim Benotmane, né en juillet 1983 à Lille de parents d’origine franco-algérienne, incarne cette success-story qui donne la chair de poule. De simple étudiant montant des broches à 16 ans, il a bâti un empire de la restauration valorisé à plus de 800 millions d’euros aujourd’hui. En 2003, à seulement 19 ans, il crée Nabab Kebab, première chaîne structurée dans l’Hexagone. Son groupe FBH Food affiche désormais plus de 130 restaurants actifs dans le monde avec un chiffre d’affaires de 125 millions d’euros. Je vais te raconter son parcours, depuis ses racines familiales jusqu’à ses ambitions internationales, en passant par les obstacles judiciaires et sa philosophie d’entrepreneur resté humble malgré le succès.

Des origines modestes à Lille : l’enfance et les racines familiales

Le contexte familial franco-algérien

En juillet 1983, Hakim Benotmane voit le jour à Lille dans une famille d’origine franco-algérienne. Selon les sources, il serait né soit de parents algériens, soit d’un père algérien professeur de mathématiques et d’une mère libanaise. Cette double culture méditerranéenne forge son identité et influence sa vision entrepreneuriale. Ces racines orientales jouent un rôle déterminant dans sa construction personnelle et professionnelle, lui insufflant cette résilience qui le caractérise aujourd’hui.

Le déménagement à Tours à l’adolescence

À 14 ans, la famille déménage de Lille vers Tours. Cette ville moyenne de province devient le théâtre de ses premiers succès mais aussi de ses premières galères. C’est là qu’il grandit et développe son sens des affaires précoce, dans un environnement moins compétitif que la capitale. Malgré son ascension fulgurante par la suite, il n’oubliera jamais d’où il vient. Il répète d’ailleurs comme un mantra : « Les extravagances, ce n’est pas dans mes origines. Il ne faut jamais oublier d’où l’on vient. » Cette humilité reste ancrée dans sa philosophie d’entrepreneur.

L’éveil entrepreneurial précoce : des broches de kebab au premier restaurant

Une première entreprise à 16 ans

Avant même de décrocher son bac, ce petit génie crée sa première société de nettoyage de bureaux à Tours avec un pote. À 16 ans, il goûte déjà à l’entrepreneuriat et cette expérience, qui durera deux ans, lui donne le virus du business. Cette première création d’entreprise lui enseigne les bases de la gestion, du recrutement et de la relation client.

Le montage de broches pour financer ses études

Au début des années 2000, pour financer son BEP vente puis ses études de commerce, il trouve un job d’appoint original : monter des broches de viande dans les petites échoppes situées aux abords des universités du quartier du Vieux-Tours. Il installe une dizaine de broches chaque soir et empoche 50 euros par broche. Rapidement, il optimise son rendement et arrive à gagner jusqu’à 500 euros par jour. C’est durant cette période qu’il fait une observation capitale : il n’existe aucune chaîne de kebab structurée en France, contrairement aux burgers. Ce marché atomisé et mal perçu représente une opportunité en or pour quelqu’un d’audacieux.

La révolution Nabab Kebab : structurer un marché décrié

L’ouverture du premier restaurant en 2003

En 2003, à 19 ans, il ouvre son premier établissement Nabab Kebab à Tours avec un investissement initial de 8 500 euros seulement. Il rachète une petite sandwicherie très bien placée, en face de la mairie, mais stratégiquement éloignée des autres points de vente. Son positionnement différenciant repose sur deux piliers : l’hygiène irréprochable et la traçabilité de l’origine de la viande. Le nom « Nabab » traduit son ambition démesurée dès le départ.

Un succès immédiat et une expansion rapide

La première année explose tous les compteurs avec 500 000 euros de chiffre d’affaires, soit dix fois plus que le commerce repris. Il travaille 15 heures par jour avec cette devise gravée dans le marbre : « Réussir ou mourir ». Sa recette gagnante combine des kebabs variés et de qualité, des prix ajustés, des locaux agréables dans des emplacements centraux et un design évolué inspiré des géants du fast-food américain avec un code couleur jaune et rouge. Il ouvre rapidement deux autres établissements à Tours. Au bout de trois ans, son chiffre d’affaires atteint 900 000 euros et il a réussi à redorer l’image du kebab dans la région.

Année Nombre de restaurants Chiffre d’affaires Nombre de salariés
2003 1 500 000 € 5-10
2006 3 900 000 € 30-40
2012 120 Non communiqué 800+
2013 120 82 millions € 1 000+
2014 120 120 millions € 1 500+

L’expansion internationale et la diversification : un empire multi-concepts

La stratégie de franchise et la conquête mondiale

En 2006, à seulement 22 ans, il devient le plus jeune franchiseur de France. L’enseigne se déploie dans l’Hexagone : Paris, Montpellier, Marseille (tiens, comme par hasard !). Dès 2010, il vise l’international avec des ouvertures à Mayotte, à la Réunion et à Dubaï. Entre 2012 et 2014, c’est l’apogée avec 120 établissements répartis entre la France et le monde. Le concept s’exporte dans plusieurs pays :

  • Au Maroc avec Rabat, Marrakech, Agadir, Tanger et Casablanca
  • Au Portugal
  • Aux États-Unis
  • En Chine et au Japon

En 2013, le chiffre d’affaires grimpe à 82 millions d’euros avec plus de 1 000 salariés. L’année suivante, il atteint 120 millions d’euros avec un effectif de 1 500 personnes. De 2012 à 2016, il supervise personnellement le développement de plus de 90 restaurants en Chine sous plusieurs marques spécialisées dans la cuisine de rue turque.

La création du groupe FBH Food et les nouvelles enseignes

Après une levée de fonds de 5 millions d’euros, il crée la holding FBH Food Group pour diversifier ses activités. Il veut suivre les tendances de la restauration rapide et lancer de nouveaux concepts pilotes. Les marques développées incluent :

  1. Takos King, concurrent direct d’O’Tacos, lancé en janvier 2017 avec une quarantaine d’établissements
  2. My Bagel, cuisine américaine halal
  3. Poké Nation, spécialisé dans les poké bowls modernes
  4. Sushi Spot, restauration japonaise rapide
  5. Five Burger, burgers premium
  6. New-York Factory

Chaque concept est pensé avec une modularité opérationnelle : un restaurant peut changer de marque sans gros travaux, permettant ainsi de s’adapter rapidement aux tendances du marché.

👇 Vous voulez en savoir plus? Découvrez cette vidéo 👇

Les épreuves et la résilience : crises, procès et interdictions

Les obstacles à Tours et la restructuration

Son succès foudroyant à Tours suscite jalousie et hostilité dans cette ville de province. Il essuie trois expulsions et quatre redressements fiscaux injustifiés selon lui. Après dix ans à bosser comme un dingue en ne dormant que quelques heures par nuit, il frôle le burn-out et s’offre une pause aux États-Unis. Grosse erreur : le directeur général qu’il nomme ne gère rien correctement. Les relations avec les bailleurs et les franchisés se détériorent, des problèmes d’hygiène et de sécurité apparaissent. Il se retrouve avec 50 procédures sur le dos. De retour aux commandes, il fait le ménage dans les équipes et licencie l’essentiel du back-office. Il prend la difficile décision de réduire de moitié le nombre d’établissements pour se concentrer sur la restructuration de 50 restaurants solides. En octobre 2022, Nabab Kebab ferme définitivement ses portes à Tours, sa ville d’origine, suite à des problèmes d’hygiène constatés par la préfecture. L’enseigne abandonne même son projet d’ouvrir un grand fast-food alors que les travaux avaient commencé.

L’interdiction de gérer et le procès de Nancy

En janvier 2023, coup dur : le Tribunal de Commerce de Paris prononce une interdiction de gérer les entreprises pendant 10 ans liée à sa gestion passée au sein de FBH Holding. En mars 2025, nouveau procès à Nancy où il est accusé d’avoir employé deux étrangers sans papiers. Le procureur réclame 4 mois avec sursis. Le 4 juin 2025, il est relaxé faute de preuves suffisantes. Cette affaire très médiatisée n’a pourtant pas freiné son ascension. Il déclare d’ailleurs : « Trois expulsions, quatre redressements fiscaux injustifiés et des franchises compliquées, ça rend humble. »

Vision et ambitions : un entrepreneur resté humble malgré la fortune

Une fortune estimée à 500 millions d’euros

Sa fortune personnelle est estimée à environ 500 millions d’euros en 2024-2025. Cette richesse se répartit de la manière suivante :

  • 38% dans l’immobilier
  • 32% dans la restauration
  • 18% dans l’hôtellerie
  • 12% dans les start-ups et les médias

Le groupe FBH est valorisé à plus de 800 millions d’euros en 2025 avec un objectif ambitieux de 3 milliards d’euros d’ici 2030. Il possède des investissements immobiliers à Dubaï, Casablanca, Paris, Madrid, Pékin et Shanghai. En 2017, il monte une petite chaîne hôtelière en Grèce comprenant cinq établissements à Athènes et deux sur l’île de Santorin. En 2019, il vend ses restaurants en Chine au concurrent chinois de Starbucks, réalisant un nouveau succès financier colossal.

Une philosophie de vie ancrée dans ses origines

Malgré cette fortune colossale, il se revendique « patron à l’ancienne », simple et efficace. Il ne cherche pas la lumière parisienne et fuit les extravagances. Il répète qu’il ne faut jamais oublier ses origines modestes. Détail croustillant : il mange un kebab sauce blanche tous les midis et défend son produit bec et ongles. Selon lui, un bon kebab à base de viande contrôlée serait largement moins calorique qu’un hamburger. Il ajoute : « Avec deux milliards de chiffre d’affaires dans le monde, le kebab, c’est plus que le sushi ! » Il réside entre Madrid, Paris et Dubaï depuis 2019 et gère ses affaires principalement depuis la capitale espagnole. En janvier 2020, il participe à l’émission Patron Incognito sur M6, se déguisant en Greg pour visiter incognito trois de ses restaurants à Tours, Lille et Angers. L’émission attire plus de 2,4 millions de téléspectateurs lors de sa première diffusion. Il anime également un podcast intitulé « Secrets du Business », dirige un club d’investisseurs privé et possède une chaîne YouTube avec des tutoriels business. Ses projets futurs sont démesurés :

  • Ouverture de restaurants aux États-Unis et en Asie du Sud-Est
  • Déploiement de dark kitchens automatisées
  • Développement d’hôtels connectés et tokenisés avec NFT fidélité
  • Introduction en bourse possible (IPO) à horizon 2028
  • Recherche d’une prochaine cible de rachat dans l’univers du taco ou du poke bowl

En 2021, il tente de racheter Quick avec des investisseurs du Golfe pour le transformer en chaîne 100% halal. L’offre est rejetée. En 2023, il fait une offre sociale pour reprendre 250 restaurants Courtepaille. Refusée aussi, mais saluée comme l’une des plus sérieuses. En 2024, le réseau Nabab Kebab s’est stabilisé avec 55 millions d’euros de chiffre d’affaires et 500 salariés, notamment grâce à une implantation réussie au Maroc. Le réseau compte plus de 130 restaurants actifs dans le monde et environ 100 restaurants franchisés. Il reste le numéro un européen du kebab malgré une réduction à 80 restaurants en France. En 2016, il fonde le Benotmane Group basé à Dubaï, actif dans plusieurs secteurs : restauration, immobilier, digital, finance, intelligence artificielle, fitness. De 2020 à 2024, il cofonde un Digital Hub à Casablanca focalisé sur les applications multi-canales pour entreprises. De mai 2021 à mars 2024, il dirige l’acquisition d’une marque de restauration au Canada. Depuis mars 2024, il est président et actionnaire minoritaire de SOBHA INVESTMENTS, un fonds d’investissement à Riyad. Le groupe FBH Food affiche 130+ restaurants actifs, 125 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel et plus de 2 500 emplois créés. Son parcours inspire de nombreux jeunes entrepreneurs et on le compare parfois à Mohed Altrad, l’homme d’affaires président du Montpellier Hérault Rugby. Il a révolutionné le marché du kebab en créant la première chaîne de fast-food dédiée dans l’Hexagone, s’inspirant des standards américains mais adaptés aux saveurs orientales.

Plus de publications

Je suis Adrien, rédacteur virtuel depuis quelques années. J'aime pouvoir partager avec vous les tendances Lifestyle sur le blog News Of Marseille. J'espère que vous prendrez plaisir à lire mes articles !

Partagez l'article ou suivez nous !

Nos images sont à but illustratif et peuvent ne pas représenter la réalité