Je plonge aujourd’hui dans l’actualité brûlante du secteur du luxe avec le départ retentissant de Philippe Schaus, figure majeure qui dirigeait la filiale Vins et Spiritueux du géant LVMH depuis 2017. Ce changement de direction chez Moët Hennessy marque un tournant stratégique pour le groupe face aux défis économiques actuels. Je t’emmène découvrir le parcours de cet homme d’affaires et les circonstances qui ont précipité cette transition au sein de l’empire Arnault.
Parcours professionnel et ascension dans le luxe
Formation et débuts de carrière
Né au Luxembourg le 6 juin 1963, Philippe Schaus a construit son parcours sur des bases solides. Je remarque qu’il a d’abord obtenu un diplôme d’ingénieur aéronautique à l’université de Liège en 1987, avant de compléter sa formation avec un MBA de l’INSEAD en 1990. Cette école prestigieuse lui a ouvert les portes du monde des affaires. Ses premiers pas professionnels débutent chez JP Morgan à Bruxelles en 1987, puis il rejoint le Boston Consulting Group à Munich pendant deux ans.
Sa trajectoire prend ensuite une dimension internationale chez Villeroy & Boch à partir de 1992. Il y occupe le poste de Directeur Commercial International avant d’intégrer le Vorstand, le directoire de cette entreprise allemande réputée. Son orientation vers le secteur du luxe s’amorce en 2002 avec son passage chez Degrenne, préfigurant une brillante carrière dans cet univers exigeant.
Carrière chez LVMH et rôles stratégiques
En 2003, je constate que Philippe Schaus franchit une étape décisive en prenant la direction d’une célèbre maison de bagages au sein du groupe LVMH jusqu’en 2011. Comme Vice-Président Exécutif International, il pilote l’expansion mondiale de la marque, lance notamment la joaillerie et modernise les points de vente à travers le monde. Cette période témoigne de sa capacité à développer des stratégies ambitieuses.
Sa nomination comme PDG de DFS Group à Hong Kong en 2011 illustre sa maîtrise du commerce de détail pour voyageurs. Il transforme radicalement l’entreprise, privilégiant une approche axée sur la marque plutôt que sur les réductions de prix. Son développement en Asie et en Europe montre son talent pour conquérir de nouveaux marchés. Son retour chez LVMH en 2017 comme Président-Directeur Général de Moët Hennessy et membre du Comité Exécutif confirme la confiance que Bernard Arnault lui accorde.
Les réalisations et les tensions à la tête de Moët Hennessy
Succès et croissance de la filiale
Je suis impressionné par les performances réalisées sous sa direction. La croissance exceptionnelle de Moët Hennessy dépassait largement les moyennes historiques du secteur. Sa stratégie de diversification incluait l’acquisition de 50% d’Armand de Brignac, la marque de champagne de Jay-Z. Les collaborations créatives, notamment avec Lady Gaga pour des cuvées en édition limitée, ont dynamisé l’image des maisons du groupe.
La résilience face à la crise sanitaire atteste son leadership. Le programme « Living Soils, Living Together » témoigne de son engagement envers la durabilité et la protection des sols. Ces initiatives illustrent sa vision équilibrant tradition et innovation, similaire à l’approche de Tanya Saadé Zeenny dans son engagement philanthropique et entrepreneurial.
Problèmes de management et critiques internes
Pourtant, je découvre que des tensions importantes ont émergé au sein de la filiale. Son pilotage était remis en question en interne, l’emprise de la direction sur les 27 maisons de cognac et champagne suscitant des débats. En avril dernier, plusieurs syndicats dont la CGT ont adressé une lettre ouverte à Bernard Arnault dénonçant :
- Un management vertical et une absence d’écoute des maisons
- L’insatiabilité et l’autorité excessive de la direction
- Une mainmise croissante sur l’autonomie des marques depuis trois ans
L’affaire des notes de frais a achevé de ternir l’image de la direction commerciale. Le licenciement du directeur commercial suite aux enquêtes révélant des repas à 10 000 € et des accusations de harcèlement a secoué l’organisation.
Circonstances du départ et succession à la direction
Contexte financier difficile
Je constate que les résultats financiers ont précipité ce changement. Entre janvier et septembre 2024, le chiffre d’affaires a reculé de 8%, le résultat opérationnel chutant de 26% au premier semestre. La division vins et spiritueux est devenue la moins performante du groupe au troisième trimestre, une situation qui ne pouvait perdurer.
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Les facteurs externes expliquent partiellement ces difficultés. Le ralentissement de la demande chinoise a durement affecté les ventes d’Hennessy et de champagne. Les vents contraires économiques et le ralentissement américain ont compliqué la situation pour ces produits emblématiques.
Nouvelle direction avec Laurent Boillot et Alexandre Arnault
Bernard Arnault a choisi Laurent Boillot, PDG de Cognac Hennessy depuis 2019, pour succéder à Philippe Schaus. Membre du groupe depuis 2002 via une maison de parfumerie, Boillot devient le premier dirigeant d’Hennessy à accéder à cette fonction depuis Christophe Navarre. Charles Delapalme prend les rênes de la marque Hennessy.
L’arrivée d’Alexandre Arnault comme directeur général délégué des vins et spiritueux s’inscrit dans une stratégie de succession familiale. Cette nouvelle gouvernance intervient alors que plusieurs changements secouent le groupe, incluant le départ de Chris de Lapuente et la mise à pied de Chantal Gaemperle après une enquête sur les avantages en nature.
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