Pierre Goldman est le demi-frère aîné de Jean-Jacques Goldman, né le 22 juin 1944 à Lyon, tandis que Jean-Jacques voit le jour le 11 octobre 1951. Tous deux partagent le même père, Alter Mojsze Goldman. Pierre meurt assassiné le 20 septembre 1979 à Paris, laissant derrière lui une vie hors norme, faite de militantisme, de prison et de procès retentissants. Ce qui frappe dans cette histoire de fratrie, c’est le paradoxe permanent : Jean-Jacques Goldman n’a presque jamais évoqué publiquement son frère, alors que la fascination pour ce lien familial reste entière, décennies après les faits.
Une enfance partagée malgré les différences
Pierre Goldman et Jean-Jacques Goldman grandissent ensemble, au sein d’une famille recomposée et soudée. Leur père, Alter Mojsze Goldman, figure de la résistance juive polonaise en France, a eu Pierre d’un premier couple avec Janine Sochaczewska, séparé après la Libération. Il se remarie ensuite avec Ruth Ambrunn, mère de Jean-Jacques. La fratrie compte aussi Evelyne et Robert Goldman, demi-sœur et demi-frère cadets.
Sept ans séparent les deux frères, un écart qui pèse lourd dans l’enfance. Jean-Jacques Goldman lui-même reconnaît que leurs rapports étaient « très distants ». Pierre, enfant turbulent, se fait renvoyer de tous les lycées et part en pension dès treize ou quatorze ans. La cohabitation reste donc brève et fragmentée.
Pourtant, une culture commune irrigue la maison. L’idéalisme, le sens de la justice, la fraternité et une tendresse pour les faibles constituent le socle partagé. Jean-Jacques Goldman évoque une table familiale où les conversations politiques et les événements du monde rythment les repas. Cette atmosphère marquera durablement les deux frères, même s’ils en tirent des conséquences radicalement différentes.
Des personnalités et des destins radicalement opposés
Le contraste entre les deux hommes s’avère saisissant. Pierre Goldman s’engage corps et âme dans le militantisme révolutionnaire d’extrême gauche. Il rejoint la guérilla en Amérique latine, notamment au Venezuela, avant de basculer dans les vols à main armée en France. Il sera arrêté, condamné, puis acquitté lors du second procès à Amiens en 1976 pour le meurtre de deux pharmaciennes.
Jean-Jacques Goldman, lui, suit une tout autre voie. Sa famille le considère comme « le canard boîteux », trop pragmatique, trop réaliste dans un environnement de militants communistes et révolutionnaires. Il se consacre à la musique, au rock, loin des barricades.
Leurs goûts musicaux reflètent ce fossé. Pierre est passionné par la musique afro-cubaine, la salsa, et fréquente des cercles proches de Cuba et des scènes comme la Chapelle Lombards. Jean-Jacques, lui, nourrit sa guitare de rock pur. Jean-Jacques Goldman décrit son frère comme « un bon vivant, du genre hâbleur, un noceur, un danseur », profil diamétralement opposé à l’image austère et sérieuse qu’il donne de lui-même.
Jean-Jacques Goldman aux côtés de Pierre durant ses années de procès et de prison
Malgré la distance, Jean-Jacques Goldman ne lâche pas Pierre dans les moments les plus durs. Il assiste aux deux procès, dont le second à Amiens en 1976. Dans les travées, toute la famille se retrouve, parents, frères et sœur, « se tenant par le bras, comme dans une manif », selon les témoignages de l’époque.
Il rend également visite à Pierre pendant sa réclusion. À la libération de ce dernier en 1976, Jean-Jacques tente de lui transmettre sa passion pour la guitare. L’essai reste sans succès, comme le confirme Jean Bender, membre des Phalansters.
- Présence au premier procès de Pierre Goldman
- Présence au second procès à Amiens en 1976
- Visites en prison durant les années de détention
- Tentative de partage musical après la libération
- Participation aux conférences de presse du comité de soutien
Après la condamnation à perpétuité de Pierre, sa demi-sœur Evelyne crée un comité justice. Jean-Jacques Goldman, dont le groupe fait déjà parler de lui dans la presse, participe aux conférences de presse de ce comité. Le soutien familial reste discret mais constant, loin des projecteurs.
La mort de Pierre Goldman et son impact sur Jean-Jacques
Le 20 septembre 1979, Pierre Goldman est assassiné à Paris. L’affaire choque la France entière. Sa femme Christiane Succab-Goldman est alors enceinte. Leur fils Manuel naît six jours après le drame, le 26 septembre 1979. Le deuil frappe une famille déjà marquée par des années de procès et de détention.
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Les funérailles se tiennent le 27 septembre 1979 au cimetière du Père-Lachaise, division 4. Entre 10 000 et 15 000 personnes y assistent, preuve de l’empreinte laissée par ce personnage hors norme sur la scène politique et intellectuelle française.
Jean-Jacques Goldman encaisse le choc en silence. Il n’évoque jamais spontanément cette mort, à peine avec ses amis les plus proches. Un ami d’enfance, avec qui il fait ses débuts musicaux, confirme pourtant que ce drame l’a « évidemment touché ». Beaucoup interprètent Puisque tu pars, écrite huit ans après l’assassinat, comme un hommage pudique à son frère disparu. Jean-Jacques Goldman n’a jamais confirmé cette lecture.
Jean-Jacques Goldman, très pudique sur son lien avec Pierre
Des déclarations rares et mesurées
Jean-Jacques Goldman s’exprime très rarement sur Pierre. Quand il le fait, ses mots restent calibrés. Il déclare : « Je n’ai jamais caché qu’il était mon frère dans le sens où je pensais qu’il était hors sujet. » Il ajoute : « Mon attachement est relatif. On avait six ans d’écart et j’étais encore un gamin lorsqu’il a quitté la maison. »
Dans le documentaire Goldman, Balavoine, Berger, diffusé sur France 3 le 22 juin 2018, il décrit Pierre comme « un mystère », quelqu’un dont il a « vécu les paradoxes ». À une journaliste, il écrit spontanément : « J’ai très peu côtoyé mon frère Pierre et ni sa personnalité ni son parcours ne m’ont particulièrement marqué. »
Un nom de famille jamais renié
Un détail parle pourtant de lui-même. Lorsque sa maison de disques lui suggère de changer de nom à ses débuts, il refuse sans hésiter : « Il ne m’a pas fallu trois secondes pour dire non. » Chanter sous le nom Goldman, c’est aussi assumer pleinement cette fratrie complexe, sans jamais la renier.
Les chansons de Jean-Jacques Goldman et les fausses pistes autour de Pierre
Les fans cherchent dans les chansons de Jean-Jacques Goldman des traces de son frère. Les spéculations vont bon train. Pourtant, l’intéressé démonte méthodiquement ces interprétations.
- Ton autre chemin : inspirée d’un ami d’enfance sombré dans la folie, pas de Pierre Goldman
- Confidentiel : parle d’une séparation amoureuse, sans lien avec l’affaire Goldman
- Tu manques : dédiée à son père, et non à son frère
Il le dit clairement : « Contrairement à ce que certains pensent, je n’ai jamais écrit de chanson sur mon frère Pierre. » Reste le mystère de Puisque tu pars. Ni confirmée ni démentie, cette chanson continue d’alimenter le débat. L’interprétation reste ouverte, ce qui lui confère une force particulière.
Pierre Goldman au cinéma : Jean-Jacques Goldman mis en scène dans Le Procès Goldman
En septembre 2023, le film Le Procès Goldman de Cédric Kahn sort sur les écrans. Il reconstitue le second procès de Pierre Goldman à Amiens. Le personnage de Jean-Jacques Goldman y est incarné par le jeune comédien Ulysse Dutilloy-Liégeois, décrit comme « bluffant de ressemblance » avec la star. Il apparaît à cinq reprises dans le film.
Cette mise en scène rappelle que Jean-Jacques Goldman était bien présent dans les travées lors de ce procès historique, aux côtés de sa famille. Le film ravive l’intérêt pour cette relation fraternelle complexe et pour l’affaire dans son ensemble. Jean-Jacques Goldman n’a pas commenté publiquement ce long-métrage, fidèle à son silence habituel sur tout ce qui touche à Pierre.
La biographie non autorisée d’Ivan Jablonka et la réaction de Jean-Jacques Goldman
En août 2023, l’historien Ivan Jablonka publie une biographie consacrée à Jean-Jacques Goldman. Le nom de Pierre Goldman y apparaît une trentaine de fois en 300 pages. L’auteur évoque un « alibi peu solide » et des « aveux partiels », sans mentionner l’acquittement de 1976 ni le soutien constant de la famille tout au long de l’affaire.
- Jean-Jacques Goldman refuse de rencontrer Ivan Jablonka
- Ses amis refusent également tout entretien
- Il réagit publiquement dans Le Canard enchaîné
Sa réaction est vive : « Je n’ai jamais rencontré cet auteur, mes amis non plus, et je suis triste pour tous les gens qui se font duper en achetant ces livres qui parlent de moi. » Cette sortie rare confirme que le sujet Pierre Goldman reste une ligne rouge pour Jean-Jacques Goldman, une histoire familiale qu’il entend protéger, quoi qu’il arrive.

Je suis Adrien, rédacteur virtuel depuis quelques années. J'aime pouvoir partager avec vous les tendances Lifestyle sur le blog News Of Marseille. J'espère que vous prendrez plaisir à lire mes articles !
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