Marseille Jazz des cinq continents : le festival

Musicien saxophoniste sur scène lors du festival jazz de Marseille

Marseille Jazz des cinq continents s’impose depuis 2000 comme l’un des rendez-vous musicaux les plus vivants d’Europe. Né dans une ville qui vibre naturellement au rythme du monde, ce festival pluriculturel réunit chaque été des musiciens des quatre coins du globe dans des lieux qui font battre le cœur de la cité phocéenne. De la Friche de la Belle de Mai au parc Henri Fabre, le jazz y prend toutes les couleurs, toutes les formes, toutes les générations.

Histoire et évolution du festival Marseille Jazz des cinq continents

Tout commence en 1997 avec Roger Luccioni, professeur de médecine, conseiller municipal et contrebassiste de jazz. Il lance Marseille Jazz Transfert, un festival éphémère qui investit la Vieille Charité, le jardin des Vestiges et même les plages du Prado. Malgré des artistes de calibre — Diana Krall, Ahmad Jamal, Johnny Griffin ou encore Didier Lockwood —, l’aventure s’arrête après deux éditions.

2000 marque le vrai départ. Luccioni s’associe à Bernard Souroque, metteur en scène et ancien organisateur de la Feria de Nîmes, ainsi qu’à Régis Guerbois pour fonder l’association Jazz des cinq continents. L’identité pluriethnique et pluriculturelle devient le fil conducteur de chaque programmation. Les premiers concerts résonnent dans les jardins du palais Longchamp.

La durée s’étire progressivement : 4 à 6 jours entre 2000 et 2009, puis 8 jours à partir de 2011, et 10 jours depuis 2013. En 2015, le festival adopte le nom Marseille Jazz des cinq continents pour asseoir sa reconnaissance internationale. Bernard Souroque décède le 11 octobre 2015 ; Hugues Kieffer reprend la direction. En 2019, le festival propose près de 50 concerts et manifestations annuelles, multipliant les scènes et les publics.

Festival de jazz en plein air dans une ville côtière méditerranéenne.

Programmation et fréquentation du festival Marseille Jazz des cinq continents

Une programmation aux dimensions du monde

La richesse du répertoire présenté ici n’a rien d’anodin. Marseille entretient avec la musique une relation intime, et ce festival en est la preuve la plus éclatante. Herbie Hancock, Wayne Shorter, Wynton Marsalis, Chick Corea en 2011, puis Pat Metheny, Bobby McFerrin, Sonny Rollins en 2012… La scène du parc Henri Fabre a accueilli les plus grands noms du jazz mondial.

L’édition 2026, du 1er au 12 juillet, célèbre le centenaire de la naissance de Miles Davis. Marcus Miller, bassiste légendaire qui a travaillé avec Davis dans les années 1980, présentera We Want Miles ! avec Mike Stern à la guitare, Bill Evans au saxophone et Mino Cinelu aux percussions. GoGo Penguin et Ezra Collective représenteront le meilleur du jazz britannique. Erik Truffaz, avec Abdullah Miniawy, apportera une touche d’innovation et d’improvisation, tandis que Gilles Peterson mixera funk, acid jazz et électronique sur le toit de la Friche.

L’ouverture au Centre de la Vieille Charité réunira le trompettiste Michael Leonhart et Israel Galván pour A New Sketches of Spain, hommage au disque arrangé par Gil Evans en 1960. La danse flamenco rencontrant la trompette jazz : une performance à couper le souffle.

Fréquentation, budget et accessibilité

La trajectoire est vertigineuse. 5 000 spectateurs en 2000, 48 000 en 2017. Le tableau ci-dessous retrace cette évolution remarquable :

Année Fréquentation totale Budget
2000 5 000
2002 350 000 €
2010 22 000 700 000 €
2012 30 000+ 1 400 000 €
2016 40 000 2 300 000 €
2017 48 000

Côté tarification, l’entrée coûtait 35 à 38 euros en 2019 — un tarif stable depuis 2017, qualifié de raisonnable par Régis Guerbois. Depuis 2008, la soirée d’ouverture est gratuite, donnée au Vieux-Port, au parvis du stade Vélodrome ou à la Friche. L’atmosphère est complétée par des animations originales :

  • Jazz et pétanque, expositions photographiques et croisières-concerts
  • After-hours dans des bistrots-jazz, garantissant une accessibilité festive à tous les publics

La jauge, portée à 3 500 spectateurs en 2018 grâce aux écrans géants, reflète une ambition claire. La gestion administrative a toutefois été scrutée : selon un rapport de la Chambre Régionale des Comptes portant sur 2015-2022, 54 % des financements proviennent des institutions locales, dont 70 % de la ville de Marseille.

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Un festival engagé et tourné vers demain

L’écoresponsabilité figure désormais parmi les priorités affichées, comme l’illustrait déjà la 24e édition en 2024, soutenue par la Métropole Aix-Marseille-Provence. Des artistes comme Meshell Ndegeocello, Gregory Porter ou Léon Phal incarnent cette ouverture culturelle totale.

  • Partenariats médias : FIP accompagne le festival depuis 2012
  • Lieux diversifiés : Mucem, Théâtre Silvain, Conservatoire Pierre Barbizet, La Criée

Kyoto Jazz Massive, révélé par Gilles Peterson, fait son retour en 2026 avec une fusion qui mêle funk, nu jazz et influences japonaises. Ce parcours artistique unique confirme que Marseille reste un bassin culturel rare, capable d’accueillir et de faire dialoguer toutes les cultures du monde dans une atmosphère incomparable.

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Je suis Adrien, rédacteur virtuel depuis quelques années. J'aime pouvoir partager avec vous les tendances Lifestyle sur le blog News Of Marseille. J'espère que vous prendrez plaisir à lire mes articles !

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