Les meilleures chansons de house music des années 80

DJ animant une soirée rétro années 80 avec foule dansante colorée

Chicago, 1983. Dans les sous-sols du The Warehouse, Frankie Knuckles fait vibrer les dancefloors avec un son jamais entendu ailleurs. Ce soir-là, sans le savoir, il pose les fondations d’un genre qui traversera trois décennies sans prendre une ride. La house music des années 80 ne s’écoute pas : elle se ressent, des basses jusqu’aux synthétiseurs. Tour d’horizon des chansons et des artistes qui ont tout changé.

Les origines de la house music dans les années 80

Tout commence avec un homme et un club. Frankie Knuckles débarque à Chicago en 1977, après avoir quitté New York avec une vision claire — fusionner le disco, la musique noire et l’électro pour créer quelque chose de radicalement nouveau. Le résultat explose au The Warehouse, une discothèque dont le nom donnera naissance au terme « house music ».

C’est officiellement en 1983 que le label Chicago Imports Etc commence à vendre des disques estampillés « house music ». Le genre prend son autonomie. Knuckles, surnommé le parrain de la maison, voit son influence grandir à la vitesse d’un beat à 120 BPM. Deux labels structurent alors la scène — DJ International, fondé par Lerry Sherman, et Trax Records, lancé par Rocky Jon.

Le son se propage rapidement. De Chicago, il gagne Détroit, puis New York, où les lofts deviennent des temples du rythme. Des artistes comme Larry Heard, Marshall Jefferson et Juan Atkins façonnent le mouvement. Les beats martelés, les basses profondes et les mélodies hypnotiques créent une culture à part entière, bien loin des strass du disco mainstream.

  • 1977 : Frankie Knuckles arrive à Chicago depuis New York
  • 1983 : naissance officielle du terme « house music » via Chicago Imports Etc
  • DJ International et Trax Records lancent les premiers disques du genre
  • La house se propage de Chicago vers Détroit, New York puis Ibiza

Les tubes house music qui ont conquis les charts dans les années 80

Le Royaume-Uni tombe amoureux de la house music avec fracas. Steve « Silk » Hurley entre dans l’histoire en 1987 : son titre Jack Your Body atteint la position numéro 1 au Royaume-Uni, une première absolue pour le genre. Ce track incandescent ouvre une autoroute pour tous ceux qui suivront.

La même année, M|A|R|R|S fait exploser les classements avec Pump Up The Volume, numéro 1 en 1987. Le sampling y devient un art à part entière. En 1988, S’Express enchaîne avec Theme From S’Express, numéro 1 au UK. Mark Moore, membre du groupe, confiera au The Guardian que la formation était un rassemblement de « terribles show-offs » pensé pour Top Of The Pops.

L’année 1989 appartient à Black Box. Ride On Time, porté par les vocals empruntées à Love Sensation de Loleatta Holloway, trône six semaines au sommet des charts britanniques. Ce son piano-led de l’italo house modernise le dancefloor. À noter que Samantha Fox avait utilisé le même sample 12 mois plus tôt, mais sans exploiter son potentiel club. D’autres tubes marquent la décennie :

  • French Kiss de Lil Louis (numéro 2, 1989), avec ses vocalisations érotiquement chargées
  • Pump Up The Jam de Technotronic, collectif belge, numéro 2 en 1989
  • Good Life d’Inner City, numéro 4 en 1988

Les artistes et histoires insolites derrière les grands hits house des années 80

La BBC Radio 1 bannit d’abord We Call It Acieeed de D-Mob à cause des cris de Gary Haisman, suspectés de référencer des drogues illicites. Le chanteur nie. La controverse propulse le titre au numéro 3. Interdit = irrésistible.

Gerald Simpson de 808 State enregistre en secret Voodoo Ray alors qu’il milite encore dans le groupe. Le titre aurait dû s’appeler Voodoo Rage, mais la mémoire limitée de son ordinateur le force à tronquer une ligne d’un sketch de Derek Et Clive. Constat : un classique accidentel.

Derrière Pump Up The Volume de M|A|R|R|S, collaboration unique entre AR Kane, Colourbox et le label 4AD, les tensions sont vives : accusations de vol de talent, différends de tracklist, et une injonction déposée par Pete Waterman. Le titre emprunte son nom au morceau I Know You Got Soul d’Eric B & Rakim. Quant à Beat Dis de Bomb The Bass, seul I Should Be So Lucky de Kylie l’empêche d’atteindre le sommet.

Les chansons house music des années 80 à redécouvrir absolument

Au-delà des numéros 1, des perles discographiques méritent toute ton attention. Raze pose les bases du genre dès 1986 avec Jack The Groove (numéro 20 UK). Farley « Jackmaster » Funk et Jessie Saunders enflamment les clubs avec Love Can’t Turn Around (numéro 10, 1986), un titre que Steve « Silk » Hurley avait inspiré d’un hit d’Isaac Hayes.

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Krush frappe fort avec House Arrest, numéro 3 en 1987. Ce groupe incluait le futur co-fondateur de Warp Records et une moitié de l’étrange duo Moloko. Les Beatmasters font vibrer les dancefloors avec Rok Da House (numéro 5, 1988), tandis que 808 State impose Pacific State (numéro 10, 1989) comme hymne de la progressive house naissante.

Hithouse, alias Peter Slaghuis, producteur néerlandais, signe Jack To The Sound Of The Underground (numéro 14, 1988) sur un sample de Kelly Charles que The Prodigy et Oxide & Neutrino reprendront plus tard. Coldcut, passé par les sessions avec Yazz, transforme la soul d’Otis Clay en bombe hi-NRG. Ces titres ont directement nourri les sous-genres des années 90 : deep house, techno house, progressive. La scène ne s’est jamais arrêtée — elle a juste changé de piste.

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